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Collections audiovisuelles, un vrai vecteur d’attractivité et d’engagement avec les utilisateurs

L’Ecole Nationale de Protection Judiciaire de la Jeunesse, école de service public, a pour rôle de former l’ensemble des professionnels de la Direction de la protection judiciaire de la jeunesse, que ce soit en formation initiale (éducateurs, directeurs de service, etc.) ou en formation continue.

 

Pour offrir un accès toujours plus modulable et stimulant, l’établissement décide de partager sur Internet dès 2016 une partie des collections numérisées de sa bibliothèque de recherche grâce à la solution Limb Gallery.

 

Au départ constituée de fonds imprimés et iconographiques, la bibliothèque numérique s’est rapidement enrichie de fonds audiovisuels. Des campagnes de numérisation régulières menées avec Arkhênum ou en propre, notamment sur des collections audiovisuelles, viennent enrichir régulièrement les ressources numériques mises à disposition. Découvrez au travers du témoignage de Nicolas Tricoche, documentaliste au sein de l’ENPJJ et en charge du projet de bibliothèque numérique, le rôle que les fonds audiovisuels de l’établissement jouent dans l’attractivité de l’outil pour les utilisateurs.

Fonds audiovisuel

 

Quelles sont les raisons qui ont poussé votre établissement à considérer la mise en ligne de fonds audiovisuels  dans votre bibliothèque numérique ?

Hormis des considérations triviales d’opportunité (notre fonds documentaire patrimonial comprenant en effet un certain nombre de documents audiovisuels), les raisons et convictions qui ont présidé à la décision de mettre en ligne ce type de documentation sont de plusieurs ordres. Tout d’abord, pour une institution comme la nôtre qui a comme finalité la formation (initiale et continue) de personnels qui auront et ont à prendre en charge un public de jeunes vulnérables, « matière » éminemment vivante parce qu’humaine, il nous semblait important de mobiliser des ressources qui le sont tout autant. Et quoi de plus adéquat pour satisfaire cet objectif que des films ou des entretiens pour apporter notamment à nos stagiaires un matériel qui permet une immersion accrue dans des enjeux sociétaux qui traversent les époques ? Il s’agit ici de percevoir à travers les témoignages d’antan la consistance et la persistance d’un message envoyé du passé venu nous enjoindre de nous engager dans cette quête à l’endroit de jeunes qui, avant d’être des délinquants, sont avant tout des jeunes en difficulté. Ainsi, la convocation de l’historique est, à la protection judiciaire de la jeunesse, un inducteur et un « exhausteur » de sens.

Ensuite, il s’agissait, par l’intégration d’une documentation patrimoniale audiovisuelle, de nous inscrire dans les usages numériques actuels. En effet, les plateformes ont fait de l’audiovisuel une ressource reine et il nous semblait important de pouvoir répondre à ces nouvelles attentes. Cette orientation constitue dès lors une position voire une posture qui peut aussi être de l’ordre du militantisme : le patrimonial et l’historique peut aussi obéir au régime de l’actuel… aussi bien du point de la forme (par un support qui peut tout autant être dit « multimédia ») que du fonds (la résonance du passé concourant à la constitution d’un regard éclairé de notre présent).

 

Qu’est-ce que les fonds audiovisuels apportent selon vous à votre bibliothèque numérique ?

Indéniablement, les documents audiovisuels apportent un surcroît de diversification et, par-là, de puissance heuristique. En effet, la diversification des supports apporte une diversité, non seulement des entrées, mais aussi des points de vue, des traitements et des parcours de consultation. Pensée comme un corpus maillé, Adolie, par la multiplication des supports et donc la présence de documents audiovisuels, multiplie les abords aux objets recherchés et leurs possibles rebonds. Qu’importe la recherche et les points d’entrée dans la collection, celle-ci verra toujours son pendant et complément par une archive, un article, une photographie, un document audio et une vidéo, rendant cet entrelacs de ressources particulièrement fécond dans la résolution d’une question ou le traitement d’une thématique. Exemple ci-dessous de rebond proposé depuis une notice.

En outre, par le fait que les documents audiovisuels participent toujours du registre du témoignage, ceux-ci incarnent ce que les documents texte relatent. C’est par ce processus de personnification que les propos et thèses, qui traversent les différents écrits, prennent corps et trouvent par là une résonance toute habitée. Ainsi les voix des différentes personnes interviewées, situations décrites ou structures présentées, apportent un ancrage plus concret aux problématiques traitées dans les autres documents ; leurs empiricités asseyant et garantissant l’épaisseur de leurs réalités.

 

Quel est le retour en termes de consultation de ces fonds audiovisuels ? Peut-on constater une différence d’attractivité entre des fonds audiovisuels et des fonds papiers plus « classiques » ?

Les statistiques afférentes à la consultation de cette documentation audiovisuelle sont sans appel : à l’heure de cet écrit, sur les 15 meilleurs scores d’audience, 9 de ceux-ci sont des documents audiovisuels.

 

 

Quelles sont les actions futures que vous envisagez pour votre bibliothèque numérique ?

Notre prochaine action touchant à la mise en ligne de documentation audiovisuelle consiste en la mise à la consultation sur notre bibliothèque numérique Adolie des différentes interventions du colloque « Surveiller et punir : La prison 20 ans après » qui s’est déroulé les 12 et 13 octobre 1995 au Centre national de formation des éducateurs de Vaucresson (Hauts-de-Seine). Ce colloque, soutenu par l’Université Paris 1, a fait l’objet d’une publication dans la revue du CREDHESS (composante du centre d’histoire du XIXème siècle Paris 1 Panthéon-Sorbonne, aujourd’hui ISOR : Images, Sociétés et Représentations), Société et représentation aujourd’hui accessible en ligne.

Ce colloque composé d’une vingtaine d’interventions (pour autant de vidéos) était structuré autour de ces axes :

Histoire de la prison. Bilan et perspectives ;

– La réception de l’ouvrage dans les milieux judiciaires, éducatifs et pénitentiaires ;

– Histoire de l’éducation correctionnelle ;

– Sortir de la prison.

A l’heure actuelle, le traitement des fichiers vidéos a été pour partie fait et il nous reste à déterminer la structuration la plus pertinente à donner pour intégrer les différentes interventions de ce colloque aux collections existantes d’Adolie. L’objectif étant, bien entendu, de constituer un corpus raisonné pouvant entrer en un dialogue cohérent avec les autres documents de notre bibliothèque numérique.

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